NICO PAPATAKIS : UNE POLITIQUE DE LA FICTION

APPEL À COMMUNICATION

                  

15 OCTOBRE 2022 

Saluée par André Breton, Simone de Beauvoir, Michel Foucault, Jean Genet, Jacques Prévert ou Jean-Paul Sartre, l’œuvre rare et atypique de Nico Papatakis demeure encore méconnue et insuffisamment étudiée. Si aucune monographie scientifique ne lui a été consacrée en France, un coffret rassemblant ses films, restaurés est sorti en 2015 chez Gaumont. Ses archives ont été confiées à l’IMEC en 2016 par sa fille Manuela Papatakis. Sa filmographie est constituée de six films en tant que réalisateur et producteur : Les Abysses (1962), Les Pâtres du désordre (1968), Gloria Mundi (1975 et 2005), La Photo (1986) et Les Équilibristes (1991). Et il a produit deux autres films importants de l’histoire du cinéma : Un Chant d’amour (1959), l’unique film réalisé par Jean Genet, et en 1959, le second tournage de Shadows de John Cassavetes. Son œuvre se déploie donc au cours d’une période étendue de 1960 à 2004.Né en Ethiopie en 1918, d’une mère éthiopienne et d’un père grec, Nico Papatakis accomplit sa scolarité au Liban dans un pensionnat maristes où il apprend le français. Après avoir combattu pendant la guerre d’Éthiopie contre les Italiens, il émigre clandestinement à Paris en 1939 en passant par Athènes. Sous l’Occupation, il se lie à Jacques Prévert, qui lui apporte un indispensable soutien matériel. Aux lendemains de la guerre, de 1948 à 1956, il crée et dirige le cabaret-théâtre de la Rose rouge à Saint-Germain-des-Prés, haut lieu de la vie intellectuelle et artistique parisienne. Ses liens avec les milieux artistiques l’aident à entrer en cinéma, il réalise alors Les Abysses qui représente la France au festival de Cannes 1963. Cette manifestation scientifique a deux principaux objectifs : il s’agit de faire connaître plus largement une œuvre qui au regard du cinéma français nous paraît particulièrement passionnante, mais aussi d’interroger autrement ce cinéma dit de la modernité. L’œuvre de Papatakis donne à voir une compréhension politique de l’esthétique ou de l’écriture filmique qui participe pleinement selon nous du cinéma moderne.

Nous souhaitons privilégier quatre grands axes :

  1. L’œuvre dans lhistoire du cinéma : On pourra interroger la place des films de Nico Papatakis dans le cinéma français, grec et européen.
  2. Un cinéma de la modernité : La filmographie est aussi inscrite dans son temps en tant qu’elle permet d’interroger ce qu’on désigne généralement sous l’expression de « Modernité » cinématographique. Un intitulé qui a le plus souvent été employé pour évoquer certains films d’Alain Resnais ou de Pier-Paolo Pasolini, différentes œuvres filmiques comme celles de Marguerite Duras ou d’Alain Robbe-Grillet ou encore les dernières œuvres de Luis Buñuel. Autant de films qui posent des questions de représentations, interrogeant en particulier les relations du cinéma avec la littérature, avec le théâtre. 
  3. Une politique de la fiction : Les propositions pourront aussi s’intéresser aux relations entre esthétiques, écritures filmiques et politiques.
  4. L’œuvre dans une perspective d’histoire culturelle : Les propositions pourront revenir sur les relations de Papatakis avec les milieux artistiques ou intellectuels de son époque que cela soit le Cabaret-théâtre de la Rose rouge ou ses amitiés avec Jacques Prévert, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Jean Genet ou John Cassavetes.

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Le colloque aura lieu du 26 au 27 janvier 2023 à l’Université de Caen et à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine.

Les propositions de communication (3000 signes environ), ainsi qu’une courte bio-bibliographie sont à adresser par mail aux organisatrices avant le 15 octobre 2022.

Merci d’envoyer vos propositions à l’adresse : marguerite.vappereau@u-bordeaux-montaigne.fr et valerie.vignaux@unicaen.fr

Vous serez informé·e de l’acceptation de votre soumission avant le 30 octobre 2022.

Comité d’organisation du colloque : François Bordes (Imec), Marguerite Vappereau et Valérie Vignaux

Comité scientifique du colloque : Albert Dichy (Imec), Marguerite Vappereau (Université Bordeaux-Montaigne), Valérie Vignaux (Université de Caen).