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histoire cinema

HERMÈS – PATRIX
PATRIMONIALISER LES EXPÉRIMENTATIONS AUDIOVISUELLES

Direction du programme :

Priska Morissey (Université Rennes 2)
Guillaume Soulez (Université Sorbonne Nouvelle)

Marguerite Vappereau (Université Bordeaux Montaigne)
avec Christa Blümlinger (Université Paris-8)
et Sébastien Denis (Université Panthéon-Sorbonne)

 

Légende de l’image : Pierre Schaeffer anime une réunion du vendredi du Service de la recherche. On reconnaît Hélène Dubost à côté de Chantal Lombart allongée et Yves Le Gall et André Clavé aux côtés de P. Schaeffer, 9 janvier 1970. © Laszlo Ruzska, Ina.

Image tirée du site liée au programme : https://pierreschaeffer.huma-num.fr/

HERMÈS -PATRIX
PROGRAMME 9
PATRIMONIALISER LES EXPÉRIMENTATIONS AUDIOVISUELLES

 

Comment conserver et transmettre les expérimentations audiovisuelles, au-delà des films et des programmes achevés qui en constituent les traces les plus visibles ? Comment archiver des processus de création lorsque ceux-ci ne se réduisent ni à une œuvre achevée ni à un objet matériel ? Comment réactiver des supports techniques d’œuvres soumis à l’obsolescence ? Films conçus en marge des circuits de diffusion, installations événementielles, performances et projections expérimentales, dispositifs techniques innovants, prototypes de jeux vidéo ou formes expérimentales destinées à transformer la relation avec les publics : ces créations mettent à l’épreuve les pratiques traditionnelles de conservation et de valorisation du patrimoine.

Patrimonialiser de telles expériences suppose de préserver les œuvres, mais aussi les traces de leur fabrication, les pratiques dont elles sont issues et les réactions qu’elles ont suscitées. Que faut-il conserver et selon quels critères ? Où placer la frontière entre documentation, restauration et re-fabrication ? Comment restituer les conditions de réception d’une expérience passée, les attentes qu’elle suscitait ou les impressions qu’elle produisait ? Ces interrogations sont d’autant plus importantes que certains expérimentateurs ont refusé la patrimonialisation, perçue comme une forme de marchandisation ou de neutralisation d’œuvres pensées pour intervenir dans la vie sociale. Parce qu’elles inventent aussi de nouvelles manières de s’adresser aux publics et de les faire participer, les expérimentations audiovisuelles sont toujours, dans une certaine mesure, des expérimentations sociales.

Le programme de recherche PATRIX étudie ainsi les formes matérielles et immatérielles de cette patrimonialisation : conservation des objets et des archives, mémoire des artistes et des collaborateurs, transmission des techniques et des pratiques, souvenirs des publics. Il interroge la frontière entre « mise en mémoire » et « mise en patrimoine ». Comme le souligne Jean Davallon, la présence d’objets venus du passé ne suffit pas : encore faut-il que leur signification soit transmise et reconnue. PATRIX entend contribuer à la réflexion sur les conditions d’acceptation et de partage d’un patrimoine encore « en devenir ».

Le premier axe du projet porte sur le paradoxe qui consiste à patrimonialiser des expérimentations initialement destinées à rompre avec les cadres institutionnels et esthétiques. Le deuxième étudie la manière dont les expérimentateurs ont eux-mêmes anticipé — ou non — la conservation de leurs travaux, à travers leurs pratiques de catalogage, d’archivage et de sélection. Le troisième envisage la patrimonialisation comme un terrain d’expérimentation : comment réactiver ou ré-émuler une œuvre sans en effacer l’historicité ? Comment recréer une relation entre les expérimentateurs du passé et les publics du présent ? L’audiovisuel est alors étudié à la fois comme objet patrimonial et comme moyen de transmettre le patrimoine.

            Ces questions sont abordées à partir de plusieurs corpus médiatiques, selon trois méthodologies complémentaires : l’histoire orale, l’histoire des techniques et l’étude de la réception et des usages. Ce cadre permet de comparer des objets différents afin d’identifier les problèmes communs et les singularités matérielles, esthétiques et culturelles de leur patrimonialisation. Un séminaire et une exposition favorisent le dialogue entre chercheurs, professionnels, décideurs et grand public.

            À travers des études de cas, PATRIX vise ainsi à élaborer des outils critiques et pratiques pour comprendre, conserver et transmettre un patrimoine audiovisuel dont l’expérimentation constitue à la fois la richesse et la fragilité.

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